Adama Djidiack Faye : « Face au danger, l’intérêt supérieur de la Nation doit primer sur les clivages »

Ma réponse à Hawa Abdul.

Par courtoisie, mais aussi par respect pour ce qui nous lie, j’avais décidé de ne jamais répondre à notre sœur Hawa Abdul, qui, depuis un certain temps, se manifeste avec une plume certes incisive, mais teintée d’une ambivalence qu’elle-même semble parfois ne pas maîtriser : tantôt avocate déguisée de Sonko, tantôt plus prompte à déverser sa bile sur l’opposition, et plus particulièrement sur son propre parti politique le PDS pour des raisons qu’elle ne cesse d’évoquer, mais qui restent, pour le moins, discutables.

Ma chère Hawa, vous vous étonnez de voir Macky SALL, Amadou BA, Karim Wade, Thierno Alassane Sall et d’autres responsables signer ensemble un communiqué, s’unir autour de l’essentiel et mettre leurs ego de côté, au regard de la gravité de la menace qui pèse sur notre Nation.

Mais faut-il vraiment s’en étonner, voire s’en indigner ?

Si tel est le cas, permettez-moi de vous le dire, avec tout le respect que je vous dois, vous faites, à mon sens, une lecture bien étroite de la situation politique et des mécanismes qui gouvernent les rapports de force en période de crise.

Car si, aujourd’hui, en tant qu’opposante, vous ignorez la notion d’opposition transversale, c’est-à-dire la capacité de courants politiques différents, voire antagonistes, à se retrouver ponctuellement autour d’un objectif supérieur à leurs divergences, alors vous passez à côté d’une dimension essentielle des enjeux actuels.

La politique n’est pas une affaire de fidélités éternelles, encore moins de rancœurs permanentes.

Elle est aussi faite de convergences circonstancielles, de rapports de force et, parfois, de responsabilités qui dépassent les clivages partisans.

Rappelez-vous que, quand le feu gagne la savane, le lion ne demande plus à l’antilope qui elle est, ni l’antilope au lion ce qu’il fut.

Le bûcheron pose sa hache, les hyènes cessent de ricaner, et tous avancent dans la même direction.

Car lorsque la savane est en danger, les griffes, les cornes, les crocs et même les mains de l’homme découvrent une vérité indéniable, on peut se dévorer entre soi, mais on ne peut pas survivre à l’incendie si toute la forêt disparaît.

L’heure n’est donc plus à savoir qui, hier, était avec qui, ni à exhumer les querelles et les rancœurs du passé. L’urgence est de savoir si, face au danger, nous sommes encore capables de distinguer nos désaccords politiques de ce qui relève de l’intérêt supérieur de la Nation.

L’unité n’efface pas les divergences.

Elle ne transforme pas les adversaires d’hier en amis. Elle rappelle simplement qu’il existe des circonstances où la protection de la République doit prendre le pas sur les ego individuels et les intérêts partisans.

C’est peut-être cela que certains comme toi refusent de comprendre : mettre de côté ses divergences pour défendre l’essentiel n’est pas une contradiction. C’est parfois, au contraire, la preuve que l’on a compris la gravité du moment.

Et en politique, savoir reconnaître le moment où l’on doit combattre séparément et celui où l’on doit se tenir côte à côte n’est pas une faiblesse.

C’est précisément ce qui distingue la posture politique de la véritable stratégie.

ADF

Related posts

Financement, numérique et paix : le Président de la République rappelle les priorités de la CEDEAO

Sécurité et défense : l’Assemblée nationale ouvre de nouvelles perspectives de coopération avec les États-Unis

And Dekkal Yaakaar : Thérèse Faye Diouf prépare une nouvelle dynamique politique