Thursday, November 5, 2026
UN/CEFACT : le Sénégalais Ibrahima Nour Eddine Diagne élu président pour 2026-2029

UN/CEFACT : le Sénégalais Ibrahima Nour Eddine Diagne élu président pour 2026-2029

by wassare news
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Ibrahima Nour Eddine Diagne, président élu de l’UN/CEFACT pour la période 2026-2029
Ibrahima Nour Eddine Diagne, président élu de l’UN/CEFACT pour la période 2026-2029
Ibrahima Nour Eddine Diagne, administrateur général de GAINDE 2000 et président élu de l’UN/CEFACT pour 2026-2029. Photo : RTS.

Le Sénégal prend une place centrale dans l’organisme des Nations Unies qui élabore plusieurs des normes utilisées pour simplifier et numériser le commerce international. Ibrahima Nour Eddine Diagne, administrateur général de GAINDE 2000, a été élu président du Centre des Nations Unies pour la facilitation du commerce et les transactions électroniques (UN/CEFACT) pour un mandat de trois ans, couvrant la période 2026-2029. L’élection s’est tenue à Genève lors de la 32e session plénière de l’organisation, organisée les 2 et 3 novembre 2026.

Un mandat de trois ans à la tête de l’UN/CEFACT

La candidature d’Ibrahima Nour Eddine Diagne avait été officiellement présentée par le Sénégal. La page de la session plénière publiée par la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU) le recensait comme candidat à la présidence. La RTS a ensuite annoncé son élection pour la période 2026-2029.

Le nouveau président travaillera avec dix vice-présidents issus de l’Australie, du Canada, de l’Italie, du Kirghizistan, du Maroc, de la Norvège, de l’Espagne, de la Suisse, du Royaume-Uni et des États-Unis. Cette composition donne au bureau une dimension mondiale, même si l’UN/CEFACT est institutionnellement rattaché à la CEE-ONU.

À quoi sert réellement l’UN/CEFACT ?

L’UN/CEFACT est un organisme intergouvernemental chargé de développer des recommandations, des normes et des modèles de données pour faciliter les échanges. Ses travaux servent aux administrations, aux douanes, aux ports, aux transporteurs, aux banques, aux plateformes numériques et aux entreprises qui importent ou exportent des marchandises.

Son objectif est simple à formuler mais complexe à mettre en œuvre : permettre à des systèmes différents de comprendre et d’échanger les mêmes informations. Lorsque les documents, les codes et les données sont harmonisés, un opérateur économique évite de ressaisir plusieurs fois les mêmes éléments auprès d’administrations différentes. Les contrôles peuvent être mieux coordonnés et les marchandises circuler avec moins de ruptures documentaires.

Guichet unique, UN/LOCODE et données commerciales

Parmi les instruments les plus connus figure la recommandation n° 33 sur le guichet unique. Elle prévoit qu’un acteur du commerce ou du transport puisse transmettre, à un point d’entrée unique, les informations standardisées nécessaires aux formalités d’importation, d’exportation ou de transit. Les données électroniques ne devraient alors être fournies qu’une seule fois.

L’UN/CEFACT maintient également des référentiels comme UN/LOCODE, utilisé pour identifier les ports, terminaux, aéroports et autres lieux du commerce et du transport. La CEE-ONU indiquait en 2026 que cette base comptait plus de 116 000 localisations dans le monde. Ces outils sont peu visibles du grand public, mais ils structurent une partie des échanges d’informations entre entreprises, plateformes logistiques et administrations.

Pourquoi cette élection compte pour le Sénégal

Cette présidence constitue d’abord une reconnaissance d’expertise. Ibrahima Nour Eddine Diagne dirige GAINDE 2000, l’entreprise sénégalaise associée au développement et à l’exploitation du guichet unique ORBUS. Il représente aussi le Sénégal au sein de l’UN/CEFACT et a exercé pendant plusieurs années des responsabilités liées à l’Afrique dans l’organisation.

Son élection ne signifie pas que le Sénégal décidera seul des normes mondiales. Les recommandations sont élaborées par des experts, discutées entre délégations et adoptées selon des procédures intergouvernementales. La présidence peut cependant orienter les priorités, faciliter les compromis, mobiliser davantage d’experts et accroître la visibilité des difficultés rencontrées par les économies africaines.

Un enjeu direct pour les entreprises africaines

Pour les petites et moyennes entreprises, les coûts du commerce ne se limitent pas aux droits de douane. Ils comprennent aussi les délais, les formulaires, les contrôles répétés, les déplacements, les erreurs de saisie et l’impossibilité de suivre un dossier en temps réel. La dématérialisation et l’interopérabilité peuvent réduire une partie de ces charges, à condition que les plateformes fonctionnent réellement ensemble.

Une norme internationale ne produit donc pas automatiquement une baisse des coûts. Elle doit être intégrée aux systèmes nationaux, accompagnée par la formation des agents et des entreprises, soutenue par un cadre juridique et connectée aux administrations concernées. Sans cette mise en œuvre, la numérisation peut simplement ajouter une procédure électronique à une procédure papier existante.

La ZLECAf a besoin de systèmes interopérables

L’enjeu est particulièrement important pour la Zone de libre-échange continentale africaine. La réduction progressive des barrières tarifaires ne suffira pas si les pays utilisent des formats incompatibles, si les certificats ne peuvent pas être vérifiés ou si les informations douanières doivent être ressaisies à chaque frontière.

Des guichets uniques capables d’échanger des données selon des référentiels communs peuvent faciliter le transit, améliorer la traçabilité et réduire les délais. La présence d’un Sénégalais à la tête de l’UN/CEFACT offre une occasion de mieux relier les discussions techniques mondiales aux besoins concrets des corridors africains, sans remplacer le travail que les États, les communautés économiques régionales et les opérateurs doivent accomplir sur le terrain.

Les priorités annoncées par Ibrahima Nour Eddine Diagne

Selon la RTS, le nouveau président veut élargir la participation des différentes régions aux travaux de l’organisation, mobiliser davantage d’experts et favoriser une utilisation plus large des recommandations et standards existants. Il met également l’accent sur l’interopérabilité des systèmes et la réduction des coûts du commerce.

Il a remercié le président Bassirou Diomaye Faye, le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères ainsi que la représentation diplomatique sénégalaise à Genève pour leur soutien à sa candidature. Ces déclarations relèvent de sa feuille de route et devront être mesurées à partir de résultats vérifiables au cours du mandat.

Ce qu’il faudra suivre d’ici à 2029

Quatre indicateurs permettront d’évaluer la portée de cette présidence : la diversité géographique des experts participant aux groupes de travail, l’adoption effective des standards dans les économies en développement, l’interconnexion de nouveaux guichets uniques et la réduction mesurable des délais et coûts administratifs pour les opérateurs.

Pour le Sénégal, le bénéfice le plus durable serait de transformer cette visibilité internationale en capacité nationale : davantage d’experts formés, des administrations interopérables, des entreprises mieux accompagnées et des procédures plus prévisibles. L’élection d’Ibrahima Nour Eddine Diagne est un symbole fort. Sa valeur économique dépendra désormais de la façon dont les normes discutées à Genève se traduiront dans les ports, les douanes et les entreprises du Sénégal et du continent.

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