Le Sénégal et la Coopérative sociale Aliante ont conclu à Bari, en Italie, un protocole d’accord consacré à la formation, à l’entrepreneuriat féminin et à l’inclusion des personnes en situation de handicap. L’annonce a été faite le 25 octobre 2026 par le ministère sénégalais de la Microfinance, de l’Économie sociale et solidaire, à l’issue d’une mission conduite par sa secrétaire générale, Ndèye Ndeguéne Sow.
L’accord vise à rapprocher des structures sénégalaises et italiennes autour de parcours de formation, de l’accompagnement des microentreprises et de l’accès au microcrédit. Il prolonge des échanges engagés en avril 2026 avec une délégation italienne et plusieurs rencontres organisées dans les Pouilles au cours de la mission sénégalaise.
Trois axes annoncés
Selon la communication publiée après la signature, le protocole repose sur trois axes. Le premier concerne l’éducation et la formation, de la petite enfance à l’âge adulte, avec des échanges de méthodes entre les Pouilles et le Sénégal.
Le deuxième axe cible les microentreprises dirigées par des femmes. Le dispositif annoncé doit associer formation, accompagnement entrepreneurial et accès facilité au microcrédit. Le troisième porte sur l’inclusion scolaire et sociale des personnes vulnérables et des personnes en situation de handicap.
La délégation sénégalaise comprenait également Djimpa Bassène, coordonnateur de la Plateforme d’appui au secteur privé et à la valorisation de la diaspora sénégalaise, connue sous l’acronyme PLASEPRI, ainsi que Néné Cissé, conseillère technique en microfinance.
Une mission préparée en plusieurs étapes
Avant la signature, la délégation a participé à Bari au colloque « Tracer la route », organisé par Confcooperative Puglia autour du modèle coopératif dans l’économie sociale. Elle a aussi visité des structures de formation et des services éducatifs afin d’étudier des méthodes susceptibles d’être adaptées au contexte sénégalais.
La Coopérative Aliante a confirmé de son côté la tenue de ces échanges, notamment à la Foire du Levant de Bari et dans une école de Corato. L’organisation italienne présente la mission comme un cadre destiné à partager les compétences et à construire des projets communs dans l’économie sociale et les services éducatifs.
La signature est intervenue en marge de la huitième Foire de l’agriculture de Sammichele di Bari. Le ministère indique qu’ICONE Group et LFA & Co sont associés au partenariat, sans détailler à ce stade leurs responsabilités respectives dans l’exécution du programme.
Ce que l’accord peut changer pour les bénéficiaires
L’intérêt économique du dispositif réside dans l’association de trois leviers souvent traités séparément : les compétences professionnelles, l’accompagnement des entreprises et le financement. Pour une microentreprise, l’accès au crédit produit davantage d’effets lorsqu’il est lié à une formation adaptée, à un suivi de gestion et à des débouchés commerciaux.
Pour les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap visés par l’accord, l’enjeu sera donc de transformer la coopération institutionnelle en services accessibles : formations proches des territoires, critères d’éligibilité compréhensibles, conditions de crédit soutenables et accompagnement après le financement.
Cette initiative s’inscrit dans une coopération plus large entre Dakar et Rome. Lors d’une rencontre tenue au début d’octobre entre le ministre Alioune Badara Dione et l’ambassadeur d’Italie Michele Tommasi, les deux parties avaient déjà cité la PLASEPRI, le programme PROGRESS, le soutien aux incubateurs et les services non financiers parmi leurs priorités.
Des résultats encore à documenter
Le protocole fixe une orientation, mais les informations rendues publiques ne précisent ni le budget, ni le nombre de bénéficiaires, ni les conditions d’accès au microcrédit, ni le calendrier de déploiement. Aucun indicateur de résultats n’a encore été annoncé.
La portée réelle de l’accord dépendra de ces éléments opérationnels et de leur publication. Le nombre de personnes formées, la part des projets effectivement financés, le taux de remboursement, la pérennité des entreprises accompagnées et l’accès des personnes handicapées aux dispositifs permettront d’en mesurer les effets.
En l’état, le partenariat ouvre un cadre de coopération ciblé sur des besoins clairement identifiés. Son impact pour les entrepreneurs sénégalais se jouera désormais dans la traduction de ce cadre en financements, formations et accompagnements vérifiables.