Saturday, October 24, 2026
TER : 196,7 millions FCFA d’équipements pour renforcer la sécurité des voyageurs

TER : 196,7 millions FCFA d’équipements pour renforcer la sécurité des voyageurs

by wassare news
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Le général Martin Faye et Cheikh Ibrahima Ndiaye examinant des équipements de surveillance remis à la Gendarmerie ferroviaire
Le général Martin Faye et Cheikh Ibrahima Ndiaye examinant des équipements de surveillance remis à la Gendarmerie ferroviaire
Le général de division Martin Faye et le directeur général de la SENTER, Cheikh Ibrahima Ndiaye, lors de la remise des équipements. Photo : SENTER S.A.

La SENTER et la Gendarmerie nationale ont renouvelé leur partenariat et doté la Légion de gendarmerie des transports ferroviaires de drones, caméras thermiques et équipements de contrôle.

La Société nationale de gestion du patrimoine du Train express régional et la Gendarmerie nationale ont renouvelé, vendredi 23 octobre 2026 à la gare de Dakar, leur protocole d’accord sur la sécurité du TER. La cérémonie a également donné lieu à la remise d’un lot d’équipements d’une valeur exacte de 196 725 850 francs CFA à la Légion de gendarmerie des transports ferroviaires.

Le général de division Martin Faye, Haut-commandant de la Gendarmerie nationale et directeur de la Justice militaire, a conduit la délégation reçue par le directeur général de la SENTER, Cheikh Ibrahima Ndiaye. Le directeur général de la SETER et des responsables des trois structures ont également participé à la rencontre.

Des drones, des caméras thermiques et du matériel de contrôle

Le lot acquis par la SENTER comprend quatre drones, dix jumelles d’observation, cinq caméras thermiques, 150 torches rechargeables à LED, cinq miroirs de fouille pour véhicules, 25 détecteurs de métaux portatifs et dix miradors. Les équipements sont destinés aux unités de la LGTF chargées de surveiller les gares, les trains et les emprises ferroviaires.

Les drones peuvent élargir le champ d’observation sur les portions difficiles à surveiller depuis le sol, tandis que les caméras thermiques permettent de détecter des présences ou des anomalies lorsque la visibilité est réduite. Les détecteurs et miroirs de fouille renforcent les contrôles de proximité. Les miradors offrent, pour leur part, des points fixes d’observation sur les sites considérés comme sensibles.

La disponibilité du matériel ne suffit toutefois pas à garantir son efficacité. Elle doit s’accompagner de personnels formés, de procédures d’engagement précises, d’une maintenance régulière, de batteries et pièces de rechange, ainsi que d’un cadre clair pour l’usage et la conservation des images collectées.

Un dispositif passé à 575 gendarmes

Selon Cheikh Ibrahima Ndiaye, les effectifs de gendarmes affectés au réseau ont été renforcés en 2024, passant de moins de 400 agents à 575. Cette hausse accompagne l’extension du périmètre ferroviaire et la fréquentation croissante du TER.

La Légion de gendarmerie des transports ferroviaires constitue une unité spécialisée. Sa mission couvre la prévention des atteintes aux voyageurs, la protection des installations, la surveillance des emprises et l’intervention en cas d’incident. La connaissance du fonctionnement des gares, des circulations et des contraintes techniques est donc aussi importante que le nombre d’agents.

Le directeur général de la SENTER a plaidé pour des affectations de trois à quatre ans, voire davantage, afin de préserver cette expérience. Une rotation trop rapide peut obliger l’institution à recommencer régulièrement la formation de personnels qui doivent maîtriser un environnement ferroviaire complexe.

Ce que ce renforcement peut changer pour les usagers

Pour les voyageurs, l’effet attendu est d’abord une présence plus visible et une meilleure capacité à détecter rapidement une intrusion, un objet suspect, un mouvement inhabituel ou une situation de danger. Une surveillance élargie peut aussi accélérer la transmission des alertes aux équipes présentes au sol.

La sécurité influence directement la confiance accordée au transport collectif. Un voyageur qui perçoit les gares comme bien surveillées est davantage disposé à utiliser régulièrement le train, notamment tôt le matin ou tard le soir. Cette dimension devient plus importante avec l’extension du réseau vers l’aéroport international Blaise Diagne et les déplacements supplémentaires attendus pendant les JOJ Dakar 2026.

La surveillance doit cependant rester proportionnée. La présence de drones et de caméras thermiques appelle des règles sur les zones observées, les personnes habilitées à consulter les données et les durées de conservation. La recherche de sécurité ne dispense pas de protéger la vie privée et les droits des usagers.

La continuité du service, un enjeu économique

La protection du TER concerne aussi la continuité d’une infrastructure publique coûteuse. Les intrusions sur les voies, actes de vandalisme, vols d’équipements ou incidents mal maîtrisés peuvent provoquer des interruptions et affecter des milliers de déplacements professionnels, scolaires ou commerciaux.

La SENTER affirme que le taux de ponctualité des trains dépasse 97 %. Le lien entre la sécurité et cette performance doit être apprécié avec prudence, car la régularité dépend aussi du matériel roulant, de la signalisation, de l’énergie, de la maintenance et de l’exploitation. Un dispositif de sécurité réactif peut néanmoins réduire la durée de certains incidents et faciliter un retour plus rapide au service normal.

Pour les entreprises et les travailleurs qui dépendent du TER, une circulation régulière réduit l’incertitude sur les temps de trajet. Pour l’État, la protection des installations limite le risque de réparations imprévues et contribue à préserver la valeur du patrimoine ferroviaire.

Les JOJ comme test grandeur nature

Le renforcement intervient à l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026. La SENTER avait déjà annoncé des simulations grandeur nature destinées à tester la réponse à des scénarios tels qu’un incendie à bord d’un train. Ces exercices doivent vérifier la coordination entre la Gendarmerie, les sapeurs-pompiers, l’exploitant et les équipes de gestion des gares.

Le protocole renouvelé fixe un cadre de coopération, mais sa réussite se mesurera sur le terrain : délais de détection et d’intervention, disponibilité effective des équipements, qualité de l’information donnée aux voyageurs et capacité à maintenir le service sans créer de contrôles excessivement perturbateurs.

Au-delà des Jeux, l’enjeu est d’installer une sécurité ferroviaire durable, adaptée à l’augmentation du trafic et à l’allongement du réseau. Les 196,7 millions de francs CFA constituent un investissement matériel important ; leur valeur réelle dépendra de l’usage, de l’entretien et des résultats opérationnels qui pourront être documentés.

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