Arab Contractors a présenté à la Première ministre Judith Suminwa un projet de 370 kilomètres et quatre ponts. Le financement associe TDB, UBA et Rawsur, mais le coût et les conditions financières ne sont pas encore publics.
Le projet de construction et de modernisation de la route Ilebo–Kananga avance dans sa structuration, sans avoir encore franchi le stade du lancement des travaux. Une délégation d’Arab Contractors Sub-Sahara et de ses partenaires financiers a présenté le dossier, jeudi 22 octobre, à la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka.
La communication de la Primature décrit un axe de 370 kilomètres comprenant quatre ponts entre le port fluvial d’Ilebo, dans la province du Kasaï, et Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central. Un démarrage est envisagé au début de 2027, sous réserve de l’aboutissement des procédures administratives, réglementaires et financières.
Un montage associant constructeur, banques et assureur
Arab Contractors est chargée de porter la proposition technique. La Trade and Development Bank et United Bank for Africa participent au montage financier, tandis que l’assureur Rawsur est associé à la couverture des ouvrages. La délégation reçue à la Primature comprenait des représentants de ces partenaires.
Cette composition montre que le projet cherche à réunir, dès la phase de préparation, l’ingénierie, le financement et l’assurance. Elle ne permet toutefois pas encore de connaître le coût total, la part supportée par l’État, les conditions des prêts, les garanties éventuelles ni la répartition des risques. Aucun de ces éléments n’a été rendu public dans la communication officielle.
Relier le port d’Ilebo aux marchés du Grand Kasaï
L’intérêt économique de l’axe tient à la position d’Ilebo, point de connexion entre le transport fluvial, le rail et les routes desservant le centre du pays. Une liaison modernisée vers Kananga pourrait réduire les ruptures logistiques, améliorer la circulation des personnes et faciliter l’acheminement des produits agricoles vers les marchés.
Arab Contractors prévoit également, dans une seconde phase, des routes de desserte agricole. L’entreprise évoque un soutien aux coopératives, notamment celles dirigées par des femmes. Ces retombées restent des objectifs du projet : elles dépendront de la qualité de la route, de son entretien, du niveau des coûts de transport et de la connexion effective des zones de production.
Un périmètre de 370 ou 380 kilomètres à clarifier
Une communication de l’Agence congolaise des grands travaux publiée en avril 2026 présentait la modernisation des RN41 et RN20 entre Kananga et Ilebo sur 380 kilomètres. Les annonces d’octobre évoquent désormais 370 kilomètres et quatre ponts. Cet écart de dix kilomètres peut provenir d’une précision du tracé ou d’un changement de périmètre, mais aucune explication officielle n’a été publiée.
La clarification du linéaire, des sections retenues et du niveau de travaux — réhabilitation, élargissement ou construction neuve — sera nécessaire pour comparer les estimations, suivre l’avancement et évaluer le coût par kilomètre.
Le calendrier dépend encore des procédures
La Première ministre a assuré la délégation de l’accompagnement du gouvernement tout en insistant sur le respect des règles administratives et réglementaires. Cette réserve est déterminante : la présentation d’un montage ne vaut ni signature du contrat définitif ni mobilisation effective des fonds.
Pour les populations du Kasaï, le projet pourrait améliorer l’accès aux marchés, réduire certains délais de trajet et soutenir l’activité agricole. Son impact devra être mesuré à partir d’indicateurs concrets : évolution des coûts de transport, volumes de marchandises, temps de parcours, entretien de l’ouvrage et revenus des producteurs.
Les prochaines étapes attendues sont la publication du coût, du schéma de financement, du calendrier détaillé et des engagements contractuels. Elles permettront de passer d’une ambition structurante à un projet dont la faisabilité peut être évaluée.
