Monday, October 5, 2026
Intelligence artificielle : Mary Teuw Niane appelle le Sénégal à accélérer sa transformation éducative

Intelligence artificielle : Mary Teuw Niane appelle le Sénégal à accélérer sa transformation éducative

IA : l’appel de Mary Teuw Niane à transformer l’éducation et la formation au Sénégal

by Ndeye Fatou Mbaye
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Face à l’essor rapide de l’intelligence artificielle, le professeur Mary Teuw Niane appelle le Sénégal à accélérer l’adaptation de son système d’éducation et de formation. Dans une tribune publiée dimanche 4 octobre 2026, l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur estime que la maîtrise de l’IA constitue désormais un enjeu majeur pour la souveraineté scientifique et technologique du pays.

Pour le professeur Mary Teuw Niane, l’enjeu dépasse la formation de quelques spécialistes. Il considère que le développement de l’intelligence artificielle nécessite une transformation profonde du système éducatif, du préscolaire à l’enseignement supérieur, en passant par l’enseignement général et la formation professionnelle.

Les universités appelées à anticiper

L’université occupe une place centrale dans cette transformation. Mary Teuw Niane estime que l’autonomie académique doit permettre aux établissements d’enseignement supérieur d’anticiper les évolutions scientifiques et les besoins futurs de la société.

Il appelle ainsi les universités à revoir leurs curricula, à développer de nouvelles formations et à s’ouvrir davantage aux compétences internationales. Pour illustrer cette capacité d’adaptation, il rappelle notamment l’expérience de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, qui avait développé l’enseignement de l’informatique dans les années 1990, avant de renforcer les formations liées aux télécommunications au cours des années 2000.

Selon lui, cette expérience montre qu’une université peut contribuer à faire émerger de nouvelles disciplines, même lorsque les compétences disponibles localement sont encore limitées.

Former rapidement des compétences dans plusieurs domaines

Le professeur plaide pour une approche flexible de la formation en intelligence artificielle. Il estime qu’un master spécialisé pourrait, par exemple, être mis en place avant même la création d’une licence dédiée, tandis que les formations d’ingénieurs pourraient évoluer parallèlement.

L’IA devrait également être développée en lien avec plusieurs domaines scientifiques et technologiques, notamment les sciences des données, la cybersécurité, la robotique, l’imagerie, la vision, la biomécanique et les sciences du vivant.

L’objectif, selon lui, est de constituer rapidement une masse critique de compétences capable d’alimenter non seulement les universités, mais aussi les collèges et lycées, les entreprises, le secteur de la santé, l’administration et les industries culturelles.

Les formations certifiantes et l’enseignement à distance pourraient également contribuer à démocratiser l’accès à ces nouvelles connaissances.

« L’IA est devenue incontournable »

Dans sa tribune, Mary Teuw Niane considère que l’intelligence artificielle ne peut désormais plus être envisagée comme une technologie facultative. Les avancées récentes dans les mathématiques et les sciences témoigneraient, selon lui, de l’accélération des changements dans la production des connaissances.

L’ancien ministre va plus loin en estimant que l’IA est en train de devenir un partenaire dans la production scientifique, ce qui impose de repenser les méthodes d’apprentissage et le rôle des enseignants.

Cette évolution soulève plusieurs interrogations : quelles compétences faudra-t-il transmettre aux prochaines générations ? Quels curricula devront être enseignés ? Et quelle place occuperont les enseignants dans un environnement où les outils d’intelligence artificielle prennent une place croissante ?

Une opportunité pour la jeunesse africaine

Mary Teuw Niane voit toutefois dans cette transformation une opportunité pour le Sénégal et l’Afrique. Il souligne le potentiel d’une jeunesse nombreuse et disposant d’un important potentiel intellectuel, mais estime que celui-ci doit être accompagné par une formation scientifique et technique exigeante.

Il insiste également sur la nécessité de transformer les connaissances en innovations, en entreprises et en emplois.

Dans sa réflexion, il évoque avec une pointe d’ironie un ancien sketch de Kouthia consacré à l’enseignement à distance, dans lequel l’arrivée massive des ordinateurs était présentée comme une menace pour les enseignants. Avec l’essor actuel de l’IA, cette ancienne satire pourrait, selon lui, prendre une dimension prospective.

« Progresser ou bien être dépassé »

Pour Mary Teuw Niane, la capacité à maîtriser les nouvelles technologies déterminera aussi la possibilité pour les sociétés de choisir la manière dont elles veulent vivre cette transformation.

Il appelle ainsi les universités sénégalaises à saisir cette étape pour faire de l’intelligence artificielle et des sciences émergentes des instruments de souveraineté scientifique et technologique.

Sa conclusion est sans équivoque : dans la course aux connaissances et aux nouvelles technologies, le Sénégal doit accélérer son adaptation, car, selon lui, « progresser ou bien être dépassé » constitue désormais l’alternative.

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