Le ministère de la Justice a officiellement lancé jeudi à Dakar deux plateformes numériques destinées à améliorer le fonctionnement des services judiciaires et à renforcer les échanges entre l’administration et les citoyens.
Le Sénégal poursuit la digitalisation de ses services publics. Le ministère de la Justice a lancé, jeudi à Dakar, deux nouveaux outils numériques baptisés « E-justice » et « Jokko Yoon ».
La plateforme E-justice doit servir de base à la modernisation numérique des juridictions. Son déploiement doit progressivement permettre de dématérialiser plusieurs procédures dans les domaines pénal, civil, commercial et social.
L’objectif est notamment de faciliter le suivi des dossiers, d’améliorer la circulation des informations entre les services, de renforcer la traçabilité des procédures et de mieux sécuriser les données judiciaires. Cette transformation doit également contribuer à réduire les délais de traitement des dossiers.
Lors de la cérémonie de lancement, le directeur de cabinet du ministre de la Justice, Samba Kane, a toutefois insisté sur l’importance de protéger les données judiciaires et de préserver la place des professionnels de la justice dans ce processus de modernisation.
« Jokko Yoon », un lien direct avec les citoyens
La deuxième plateforme, Jokko Yoon, est davantage tournée vers les usagers. Elle permettra aux citoyens de transmettre au ministère de la Justice différentes demandes, notamment des demandes d’information, réclamations, signalements, suggestions ou observations.
Les requêtes seront enregistrées puis orientées vers les services concernés afin d’assurer leur suivi et d’apporter une réponse aux usagers.
Le ministère précise cependant que Jokko Yoon ne servira pas à demander ou à obtenir des actes et documents administratifs ou judiciaires. Ces démarches continueront de passer par les plateformes spécialement prévues à cet effet.
L’outil doit plutôt favoriser l’écoute, l’orientation et le dialogue entre les citoyens et l’administration judiciaire.
Des dispositifs prévus pour réduire la fracture numérique
Le ministère de la Justice entend également éviter que la digitalisation ne laisse une partie de la population à l’écart. Des dispositifs complémentaires, notamment un centre d’appels et des numéros verts, sont annoncés pour accompagner les personnes ayant un accès limité à Internet ou rencontrant des difficultés avec les outils numériques.
Le lancement d’E-justice et de Jokko Yoon s’inscrit dans la dynamique de transformation numérique portée par Sénégal 2050 et le New Deal Technologique, lancé en février 2025.
Avec ces deux plateformes, les autorités veulent ainsi moderniser le fonctionnement de la justice tout en rendant ses services plus accessibles et plus proches des citoyens.