Wednesday, October 28, 2026
Sénégal : le SAMES entame une grève de 72 heures, les urgences maintenues

Sénégal : le SAMES entame une grève de 72 heures, les urgences maintenues

by wassare news
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Des médecins sénégalais réunis dans le couloir d’un établissement de santé à Dakar
Des médecins sénégalais réunis dans le couloir d’un établissement de santé à Dakar
Des professionnels de santé dans un établissement hospitalier à Dakar. Illustration éditoriale WASSARE.

Le syndicat des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes observe un arrêt de travail national du 28 au 30 octobre. Il dénonce des revendications non satisfaites et annonce un point de presse jeudi à Dakar.

Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) a entamé mercredi 28 octobre une grève nationale de 72 heures. Le mouvement doit se poursuivre jusqu’au vendredi 30 octobre dans les structures concernées, avec maintien des services d’urgence, selon le communiqué du Bureau exécutif national du syndicat.

Cette mobilisation intervient alors que les relations restent tendues entre l’organisation professionnelle et le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique. Le SAMES affirme que plusieurs revendications de ses membres demeurent sans réponse et dit vouloir franchir une nouvelle étape dans son action.

Trois jours de grève sur l’ensemble du territoire

Le mot d’ordre couvre les journées du mercredi 28, du jeudi 29 et du vendredi 30 octobre 2026. Il a été arrêté par le Bureau exécutif national, réuni en session extraordinaire, en accord avec le Collectif des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation (COMES) et l’Association des internes et anciens internes des hôpitaux du Sénégal (AIAIHS).

Le syndicat appelle ses membres à la discipline et à la mobilisation. Il assure toutefois que les urgences médicales doivent continuer à fonctionner pendant les trois jours. Cette réserve vise à maintenir la prise en charge des situations vitales, sans lever les perturbations possibles sur les activités non urgentes.

Les propos attribués au ministre alimentent la tension

Dans son communiqué, le SAMES met directement en cause l’attitude du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy. L’organisation lui attribue des propos invitant les médecins sénégalais à chercher un recrutement à l’étranger et les juge méprisants pour la profession.

À ce stade, cette formulation relève de la position exprimée par le syndicat. Les sources officielles consultées ne fournissent pas la transcription complète de la déclaration contestée ni une réaction du ministre à ce nouveau mot d’ordre. L’attribution et le contexte exact de ces propos devront donc être précisés lors des prochaines prises de parole des deux parties.

Un conflit social qui se prolonge

Cette grève n’est pas un épisode isolé. Le SAMES avait déjà organisé plusieurs mouvements au cours des dernières semaines. Fin septembre, le syndicat avait reconduit un arrêt de travail de 72 heures après une première séquence de mobilisation dont il revendiquait un taux de suivi de 99,64 %.

Les revendications alors rendues publiques portaient notamment sur le statut des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes, les recrutements, l’évolution des carrières, les indemnités, les pensions de retraite, la formation et les moyens disponibles dans les établissements sanitaires. Le communiqué du 27 octobre évoque la persistance de demandes non satisfaites, sans reprendre publiquement le détail de chaque point.

En septembre, le ministère de la Santé avait déclaré rester ouvert au dialogue et avait indiqué avoir engagé des rencontres techniques avec les représentants syndicaux. La répétition des débrayages montre cependant que ces échanges n’ont pas encore débouché sur un accord considéré comme suffisant par le SAMES.

Ce que le mouvement peut changer pour les patients

Le maintien des urgences protège en principe la prise en charge des cas les plus graves. Les patients ayant une consultation, un examen ou une intervention programmée peuvent néanmoins rencontrer des reports dans les établissements où le mot d’ordre est suivi.

Les usagers ont intérêt à contacter directement leur hôpital ou leur centre de santé avant un déplacement pour vérifier le maintien de leur rendez-vous. En cas d’urgence vitale, ils doivent continuer à se présenter dans les services prévus à cet effet ou à utiliser les numéros d’assistance habituels.

L’impact réel dépendra du niveau de participation dans chaque structure et de l’organisation locale du service minimum. Aucun bilan national consolidé du suivi de la première journée n’était encore disponible au moment de la publication.

Un point de presse attendu jeudi à Dakar

Le SAMES annonce un point de presse jeudi 29 octobre à 11 heures à Dakar. Cette rencontre doit lui permettre de détailler ses griefs, de préciser la portée du mouvement et de répondre aux questions sur les conséquences de la grève pour les patients.

La réponse du gouvernement sera également déterminante. Une reprise des discussions devra clarifier les engagements déjà pris, les mesures qui peuvent être appliquées rapidement et les demandes nécessitant une réforme plus longue ou un financement supplémentaire.

Un enjeu de continuité des soins et de rétention des compétences

Au-delà du calendrier de trois jours, le conflit pose deux questions de fond : la continuité des soins dans les structures publiques et la capacité du Sénégal à conserver ses professionnels qualifiés. Le départ de médecins vers d’autres pays peut fragiliser davantage les spécialités et les régions déjà confrontées à un déficit de personnel.

Pour sortir durablement de la crise, les deux parties devront rendre plus lisibles les points d’accord, les désaccords encore ouverts et les délais d’exécution. Le point de presse du SAMES puis une éventuelle réponse officielle permettront de mesurer si le dialogue reprend ou si le mouvement risque de se prolonger au-delà du 30 octobre.

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