Tuesday, October 20, 2026
Grève des 21 au 23 octobre au Sénégal : le gouvernement conteste le préavis unique et appelle au dialogue

Grève des 21 au 23 octobre au Sénégal : le gouvernement conteste le préavis unique et appelle au dialogue

by wassare news
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Première page du communiqué du ministère du Travail relatif à la grève annoncée les 21, 22 et 23 octobre 2026
Document : ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public.

Le ministère sénégalais de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public conteste la possibilité de couvrir, par un préavis unique adressé à son ministre, la grève générale annoncée pour les 21, 22 et 23 octobre 2026 dans les secteurs public, parapublic et privé. Dans un communiqué diffusé par ses canaux officiels et relayé par le Gouvernement, il appelle les centrales syndicales à renoncer au mouvement et à poursuivre les discussions au moins jusqu’en janvier 2027.

Le ministère reconnaît le droit de grève, mais soutient que son exercice obéit à des procédures distinctes selon les catégories de travailleurs. Sa communication expose la position de l’administration sur le préavis ; elle ne constitue pas une décision juridictionnelle tranchant un éventuel litige.

Des procédures distinctes, selon le ministère

Pour les secteurs privé et parapublic, le communiqué invoque la procédure de règlement des différends collectifs prévue par le Code du travail. Il indique qu’un préavis de trente jours ne peut être adressé à la direction de l’entreprise ou de l’établissement qu’après une non-conciliation ou une conciliation partielle, avec information des autorités du travail compétentes.

Pour la Fonction publique, le document rappelle un délai d’un mois suivant la notification d’un préavis écrit précisant les motifs et la durée du mouvement à l’autorité administrative compétente. Il distingue également le cas des fonctionnaires des collectivités territoriales.

Sur cette base, le ministère estime qu’un préavis unique ne peut couvrir tous les secteurs visés. Il avertit des retenues sur salaire et des sanctions auxquelles pourraient être exposés les travailleurs en cas de mouvement déclenché en violation des procédures. Ces conséquences sont présentées comme la position du ministère, sans préjuger de l’appréciation d’un cas individuel.

Les enseignants dénoncent l’application des accords

Le différend ne porte pas uniquement sur la procédure. Dans une déclaration présentée le 15 octobre et rapportée par l’Agence de presse sénégalaise, le G7 de l’enseignement a annoncé trois jours de grève pour dénoncer des manquements dans l’application du protocole signé le 16 avril 2026. L’intersyndicale cite notamment des retards de paiement d’indemnités et de salaires d’enseignants contractuels, ainsi que des lenteurs concernant la formation et les réformes du secteur.

De son côté, le ministère affirme qu’aucun préavis écrit n’a été déposé dans le secteur public de l’éducation et de la formation depuis la signature de ce protocole. Il rattache également une grande partie des revendications au suivi du Pacte national de stabilité sociale. Les positions publiées font donc apparaître un désaccord sur les conditions du mouvement et sur la mise en œuvre des engagements.

Les conséquences possibles pour les familles et les salariés

Si le mouvement est suivi dans les établissements scolaires, les premières conséquences pourraient concerner les heures d’enseignement et l’organisation des familles. Dans les autres services et entreprises, l’effet dépendra de la participation réelle, des activités concernées et des dispositifs de continuité effectivement mis en place.

Pour les salariés, les revendications touchant aux rémunérations et aux engagements sociaux se conjuguent au risque financier évoqué par l’administration. Pour les usagers, l’information utile sera de savoir quels services fonctionnent, selon quels horaires et avec quelles solutions de remplacement. Le communiqué ne fournit pas de tableau national des services susceptibles d’être perturbés.

Il n’est donc pas possible, sur ces seuls éléments, de chiffrer une perte économique ou d’annoncer une paralysie générale. La question décisive reste celle d’un accord permettant de traiter les revendications et de préserver la continuité des services. Dans son appel, le ministère invoque aussi la proximité des Jeux olympiques de la jeunesse, dont il rappelle l’ouverture prévue le 31 octobre.

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