Thursday, October 29, 2026
Sénégal–Brésil : la coopération numérique vise les services publics et les compétences des jeunes

Sénégal–Brésil : la coopération numérique vise les services publics et les compétences des jeunes

by wassare news
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Daniella Xavier Cesar et Samba Diouf lors d'une rencontre sur la coopération numérique entre le Sénégal et le Brésil
Daniella Xavier Cesar et Samba Diouf lors d'une rencontre sur la coopération numérique entre le Sénégal et le Brésil
L’ambassadrice du Brésil au Sénégal, Daniella Xavier Cesar, et le ministre sénégalais des Télécommunications et du Numérique, Samba Diouf, le 26 octobre 2026. Photo : Ministère des Télécommunications et du Numérique.

Dakar et Brasilia ont ouvert des discussions sur la numérisation des services publics, la fiabilité des systèmes et le transfert de compétences. À ce stade, aucun accord, budget ni calendrier n’a été rendu public.

Le Sénégal cherche à renforcer sa coopération avec le Brésil dans le numérique, avec deux priorités affichées : simplifier les démarches des citoyens grâce à des systèmes publics plus fiables et développer les compétences des jeunes. Le ministre des Télécommunications et du Numérique, Samba Diouf, a reçu le 26 octobre 2026 l’ambassadrice du Brésil au Sénégal, Daniella Xavier Cesar, pour une rencontre consacrée à ces objectifs.

Selon les informations publiées par le ministère sénégalais, l’échange s’inscrit dans le renforcement des relations bilatérales et dans la mise en œuvre du New Deal Technologique. La discussion a porté sur l’expérience brésilienne en matière de numérisation des services publics. Le communiqué ne fait toutefois état d’aucun accord signé, d’aucun financement mobilisé ni d’un calendrier de réalisation.

Des services publics plus simples comme objectif

La priorité annoncée par Dakar est la mise en place de systèmes fiables capables de faciliter les démarches administratives. Pour les usagers sénégalais, l’enjeu est concret : réduire les déplacements inutiles, améliorer l’accès à l’information et raccourcir les délais lorsque les procédures peuvent être effectuées ou suivies en ligne.

Cette ambition dépend cependant de plusieurs conditions qui ne sont pas détaillées dans l’annonce. Un service numérique utile doit fonctionner de manière régulière, protéger les données personnelles, rester accessible aux personnes peu équipées et proposer une solution aux citoyens qui ne maîtrisent pas les outils en ligne. La coopération envisagée avec le Brésil sera donc jugée sur les résultats obtenus pour les usagers, au-delà de la mise en place de nouvelles plateformes.

Le transfert de compétences placé au cœur des échanges

Le ministère cite également le transfert de compétences en faveur des jeunes parmi ses priorités. Cette orientation peut concerner la formation, l’accompagnement de projets ou l’échange d’expertise, mais le format retenu n’est pas encore précisé. Aucun nombre de bénéficiaires, domaine de spécialisation ou dispositif de sélection n’a été annoncé.

Pour le Sénégal, cette dimension est stratégique. La transformation numérique ne repose pas seulement sur l’achat de logiciels ou d’équipements : elle exige des équipes capables de concevoir, maintenir et sécuriser les services. Si elle est formalisée, une coopération axée sur les compétences devra donc préciser les métiers concernés, les institutions partenaires et la durée des programmes envisagés.

Une coopération rattachée au New Deal Technologique

La rencontre a été présentée comme une contribution à la poursuite et à l’accélération des projets du New Deal Technologique. Cette référence place l’échange dans une politique plus large de modernisation numérique de l’État. Elle ne permet pas, à elle seule, d’identifier les projets précis auxquels le Brésil pourrait participer.

Le principal enjeu sera d’articuler toute assistance extérieure avec les besoins des administrations sénégalaises. Pour produire un impact durable, les solutions devront pouvoir communiquer entre elles, être entretenues localement et éviter une dépendance excessive à des prestataires ou technologies qui ne seraient pas maîtrisés par les services nationaux.

La FIDAK comme possible vitrine de l’expertise brésilienne

Les deux parties ont aussi évoqué une participation du Brésil à la prochaine Foire internationale de Dakar. Le thème annoncé pour cette édition est « Digitalisation et innovation au service de la transformation économique ». Le ministère sénégalais présente l’événement comme une occasion de découvrir l’expertise brésilienne et de renforcer les synergies technologiques entre les deux pays.

Le terme « évoquée » demeure important : la participation brésilienne n’est pas annoncée comme définitivement confirmée dans le communiqué. Si elle se concrétise, la FIDAK pourrait permettre des échanges entre administrations, entreprises et organismes de formation. La portée économique dépendra néanmoins de la présence effective d’acteurs capables de proposer des partenariats adaptés au marché sénégalais.

Ce qui reste à formaliser

La rencontre marque une ouverture diplomatique et technique, mais elle se situe encore au stade des discussions. Plusieurs éléments devront être rendus publics pour mesurer sa portée : les projets retenus, les responsabilités de chaque partie, le mode de financement, les objectifs vérifiables et le calendrier de mise en œuvre.

Il faudra également distinguer la coopération institutionnelle des éventuels contrats commerciaux. La transparence sur les coûts, les prestataires, les normes de sécurité et l’hébergement des données sera déterminante pour apprécier les bénéfices et les risques des futurs projets.

Un potentiel réel, encore sans engagement chiffré

Pour les citoyens, l’intérêt de cette coopération dépendra de sa capacité à résoudre des difficultés administratives mesurables. Pour les jeunes, elle devra déboucher sur des compétences reconnues et des débouchés réels. Pour l’État, elle pose la question de la fiabilité, de la souveraineté et de la continuité des infrastructures numériques.

La rencontre du 26 octobre ouvre donc une piste de travail entre Dakar et Brasilia. Elle ne constitue pas encore un programme opérationnel. La prochaine étape sera la publication d’engagements précis permettant de passer d’une intention diplomatique à des services publics plus accessibles et à des formations effectivement disponibles.

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