Thursday, October 22, 2026
BERD : 65 milliards FCFA pour les services miniers au Sénégal et en Côte d’Ivoire

BERD : 65 milliards FCFA pour les services miniers au Sénégal et en Côte d’Ivoire

by wassare news
0 comments 15 views
Représentants de la BERD et de Mota-Engil réunis à l’occasion de leur accord de financement
Photo publiée par la BERD à l’occasion de l’accord de financement avec Mota-Engil Africa. Crédit : BERD.

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) accorde un prêt de 99,1 millions d’euros à Mota-Engil Africa pour ses activités de services miniers au Sénégal et en Côte d’Ivoire. L’accord annoncé le 14 octobre porte sur des équipements, des besoins de trésorerie et le refinancement d’investissements récents. Au Sénégal, il concerne la mine d’or de Boto, dans la région de Kédougou.

L’enveloppe équivaut à environ 65 milliards de FCFA, selon un calcul fondé sur la parité de 655,957 FCFA pour un euro publiée par la BCEAO. Ce montant couvre les deux pays : il ne constitue ni une allocation intégralement destinée au Sénégal ni un prêt à son gouvernement.

Un financement du prestataire, pas un transfert aux États

Le prêt bénéficie à Mota-Engil Africa, prestataire des exploitants miniers. La fiche BERD nomme Boto au Sénégal, Lafigué et Séguéla en Côte d’Ivoire. Elle affiche un accord signé, sans confirmer un décaissement intégral.

Une partie des ressources doit permettre de renouveler le matériel et d’améliorer les capacités opérationnelles. Une autre répond aux besoins de fonds de roulement et refinance des investissements antérieurs. L’enveloppe ne peut donc pas être assimilée entièrement à de nouvelles dépenses d’équipement.

Le cabinet Hunton Andrews Kurth, qui a conseillé la banque, a confirmé l’opération le 20 octobre. Mota-Engil avait publié un communiqué daté du 14 octobre, repris sur son site le 19.

Boto, le point d’ancrage sénégalais

La mine de Boto se situe dans la commune de Madina Baffé. Selon son opérateur Managem, elle a produit son premier lingot le 2 septembre 2025 et contribué à hauteur de 75 000 onces à la production d’or du groupe à fin 2025. L’entreprise affiche un objectif annuel de 160 000 onces, à distinguer d’une production déjà réalisée.

Le financement des services miniers concerne ainsi un site entré en production, et non l’annonce de l’ouverture d’une nouvelle mine. Pour le Sénégal, l’enjeu est notamment de voir dans quelle mesure la modernisation du prestataire se traduira par des compétences mobilisables localement et des possibilités d’emploi qualifié. Ces retombées dépendront des actions effectivement mises en œuvre.

Former localement et ouvrir davantage les métiers aux femmes

Le dispositif comporte un volet de développement des compétences. En partenariat avec des établissements d’enseignement en Côte d’Ivoire et au Sénégal, Mota-Engil Africa doit développer des formations techniques reconnues nationalement, destinées à ses salariés et aux personnes souhaitant accéder aux métiers miniers.

Des mesures de recrutement, de fidélisation et de progression professionnelle des femmes sont également prévues, dans les fonctions techniques, opérationnelles et de direction. Un programme de coopération technique de 200 000 euros accompagne ces objectifs, selon la BERD.

Ces engagements ne sont pas encore un bilan d’emplois créés ou de personnes formées. Les documents consultés ne précisent pas la répartition du prêt entre les deux pays, les établissements partenaires, le nombre de bénéficiaires ni un calendrier détaillé de formation. Pour les jeunes et les femmes du bassin minier, ces informations seront importantes afin d’apprécier l’accès réel aux opportunités annoncées.

Des bénéfices environnementaux attendus, avec des exigences de suivi

Le remplacement d’équipements anciens doit réduire la consommation de carburant et les émissions. Il s’agit d’un objectif annoncé, sans résultat chiffré de réduction déjà obtenu dans les informations consultées.

La BERD classe 31 % de son financement comme financement vert, ce qui ne mesure pas une réduction des émissions. À Boto, elle signale un risque transfrontalier potentiel en cas de défaillance, jugée peu probable, du stockage des résidus proche du Mali. Elle mentionne des mesures de conception et de contrôle pour l’atténuer ; aucun incident n’est établi dans ce dossier.

Le projet prévoit un renforcement des pratiques environnementales, sociales et de travail, ainsi que de la prévention des violences et du harcèlement. La gestion des résidus relève de l’exploitant ou de ses prestataires compétents, sans responsabilité automatique de Mota-Engil. Dossier environnemental et social de la BERD.

La portée économique de l’accord se mesurera donc au-delà du montant signé : équipements effectivement déployés, accès des travailleurs locaux aux formations et suivi des engagements sociaux et environnementaux. La modernisation annoncée fournit un cadre ; les résultats devront être documentés dans son exécution.

You may also like

Leave a Comment