Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la mise en place de son réseau national de transport de gaz naturel. À Gandon, dans la région de Saint-Louis, la première canalisation du Segment Nord du Réseau Gazier du Sénégal (RGS) a été posée officiellement vendredi 11 septembre.
La cérémonie a été présidée par le ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, marquant le lancement concret des travaux de ce tronçon stratégique.
Un gazoduc de 85 kilomètres
Le Segment Nord s’étend sur environ 85 kilomètres. Il doit assurer la liaison entre le hub gazier de Grand Tortue Ahmeyim (GTA), le Segment Vert du réseau et la centrale électrique située à Gandon.
Cette infrastructure s’inscrit dans le projet plus large du Réseau Gazier du Sénégal, dont l’objectif est de développer un réseau national capable d’acheminer le gaz naturel vers les centrales électriques et les industries.
Le gaz au service de l’électricité et de l’industrie
Le développement du réseau gazier doit notamment permettre de renforcer l’utilisation du gaz naturel pour la production d’électricité.
À travers son programme « Gas to Power », le RGS vise à favoriser l’approvisionnement des centrales électriques en gaz naturel et à réduire progressivement la dépendance à des combustibles plus coûteux.
Le réseau doit également accompagner le développement du « Gas to Industry », destiné à permettre aux entreprises et aux unités industrielles d’utiliser davantage le gaz naturel comme source d’énergie. Selon le RGS, cette orientation doit contribuer à améliorer la compétitivité des industries tout en réduisant leurs coûts énergétiques.
Une infrastructure au cœur de la souveraineté énergétique
Le gouvernement considère le développement des infrastructures gazières comme un élément important de sa politique de souveraineté énergétique.
Le RGS, société à participation publique majoritaire créée en 2019, est chargé de construire, exploiter, maintenir et développer le réseau national de gazoducs. Le projet comprend plusieurs segments destinés à connecter progressivement les ressources gazières aux principaux pôles de consommation du pays.
La mise en place du Segment Nord constitue ainsi une nouvelle étape dans cette stratégie. Elle intervient alors que le Sénégal cherche à mieux valoriser ses ressources gazières et à accroître leur utilisation pour répondre aux besoins du marché intérieur.
Un projet aux enjeux économiques importants
Au-delà de la production d’électricité, le réseau gazier doit accompagner le développement industriel et contribuer à une meilleure maîtrise des coûts énergétiques.
Pour le Sénégal, l’enjeu est également de transformer progressivement ses ressources pétrolières et gazières en moteur de développement économique, avec une priorité accordée à l’approvisionnement national.
La pose de cette première canalisation à Gandon marque donc le début d’une nouvelle phase dans le déploiement du réseau gazier national. D’autres segments doivent compléter progressivement cette infrastructure afin de constituer un réseau intégré à l’échelle du pays.